L' église St Aignan, la superbe, est classée monument historique.
A ce titre, la législation est stricte pour protéger ses abords et ses alentours dans un périmètre de 500 m.
L'architecte des bâtiments de France et le maire doivent logiquement être soucieux de la protection de cet environnement.
A quelques pas de cette belle église, le château millénaire de Gevrey appartient désormais au réseau des sites clunisiens.
Les élus des sites clunisiens, de toutes tendances politiques, ont établi et signé une charte en septembre 2010 pour mettre en valeur ce magnifique patrimoine.
Cette charte précise :
" Nous, les élus, voulons que le réseau de nos sites soit une invitation permanente au voyage, à la rencontre, au partage des cultures et à la tolérance" .
Après la sculpture imposée du moine fatigué et déprimant sur la place, le transformateur situé à quelques mètres du château médiéval, autrefois recouvert de lierre, s'est habillé d'une énorme libellule agrémentée de bulles bleues, fresque choisie par les élus et exécutée par l'association "Ressources".
Pourquoi cette libellule ? Mystère, alors que la faune aquatique des puits de la place du château est composée de salamandres et de crevettes transparentes.
Salamandres mises en danger par l'éclairage totalement inutile des puits la nuit, mais la municipalité a décidé d' ignorer ces pauvres bestioles pourtant protégées, vouées à une mort certaine, sous prétexte qu'elles n'existent pas !
Une fois de plus, la municipalité s'assoit sur la règlementation des abords des sites historiques. Une fois de plus, le maire responsable de la protection des sites, ne préserve pas l'atmosphère des lieux et l'harmonie du quartier.
Mais que fait l'architecte des bâtiments de France ?
Alors que pour modifier une fenêtre ou exécuter des travaux de rénovation, des autorisations sont nécessaires,
une question se pose : si un particulier avait eu l'idée de décorer sa porte de garage ou le mur de sa propriété d'une telle fresque, dans ce quartier protégé, qu'aurait fait le maire ?
Reste plus qu'à couper quelques arbres sur la place des marronniers comme prévu pour y couler le bitume d'un parking, et le saccage de Gevrey sera complet et irréversible.
Un paysage défiguré, détestable, un billet de voyage au cœur de la nullité.
Décidément, c'est vraiment le mandat de trop.