Extrait de l'article paru dans la Gazette de Côte-d’Or n°241 du 24 mars 2011 : « La grande cour de récré »
Une campagne électorale est souvent le théâtre de coups bas et de manipulations. Les cantonales n’échappent pas à cette règle. Exemple à Aignay-le-Duc et à Gevrey-Chambertin.
Robert très gauche à Gevrey
Jean-Claude Robert, chef de file de l’opposition au département, et conseiller général sortant sur le canton de Gevrey-Chambertin, semble adorer les procédures et les
papiers. Il déploie tout son savoir-faire quand une habitante le met en cause dans la cession d’un restaurant au profit de Guy Rebsamen : menace de dépôt de plainte, envoie d’huissier dans
un média qui a eu l’audace de relayer l’information… Chez lui, la première défense reste l’attaque. Tout débute le 20 septembre 2010. Le conseil municipal vote la vente du bâtiment de l’ancienne
salle des fêtes – cinéma à Guy Rebsamen pour 250 000 euros. France domaine avait pourtant procédé à une estimation de l’immeuble, de plus de 900 m2, à 290 250 euros, avec une marge de
négociation de plus ou moins 10%. Mary Quintallet, bloggeuse assistant à tous les conseils municipaux, rédige un billet et publie un communiqué dans sa lettre d’information « la
Gibriacoise » : « Cette vente amicale n’a fait l’objet d’aucun appel d’offres, JC Robert brade le patrimoine de Gevrey sans concurrence et Guy Rebsamen était assuré d’acquérir le
bâtiment à un prix soldé. » La lettre est datée de février dernier. Le 12 mars, le conseil municipal vote un dépôt de plainte contre la bloggeuse. Dès le lendemain, le dimanche, Mary
Quintallet rédige un nouveau communiqué. N’étant pas très habile dans cette tâche, elle demande l’aide d’une de ses connaissances du cabinet de François Sauvadet. Ce dernier ne dément pas lui
avoir envoyé un communiqué type pour qu’elle s’en serve d’exemple. Il affirme aussi que l’habitante de Gevrey l’a appelé le samedi alors qu’il était chez lui et en repos. Pour lui, il a rendu un
simple service. Mais Mary Quintallet oublie d’enlever des références du communiqué original ! Jean-Claude Robert quand il s’aperçoit de cette erreur saute sur l’occasion et hurle à la
manipulation du camp Sauvadet. Réaction qu’on aurait pu trouver légitime… mais qui aurait dû s’arrêter là. Au contraire, la querelle enfle. Le 16 mars, Mary Quintallet reçoit la visite de M. le
Goff, huissier de justice, muni d’une « sommation interpellative » au moyen de laquelle il demande le nom de l’imprimeur de « la Gibriacoise ». Réponse : « Je n’ai pas
d’imprimeur ». Cet huissier est mandaté par Guy Rebsamen. Le restaurateur contacté par la rédaction de la Gazette n’a pas souhaité se prononcer sur cette histoire. Le même jour, une radio
dijonnaise reçoit aussi la visite d’un huissier de justice missionné par Jean-Claude Robert. Le but : faire retirer de leur site internet, l’information du dépôt de plainte contre Mary
Quintallet. Le média refuse. Le conseiller général prend-il conscience du ridicule de sa démarche ? Difficile à dire. En tout cas, quelques heures après cette visite, il présente ses excuses
au responsable de la station…
Pression sur un média
Pourtant Jean-Claude Robert frôle parfois la désinformation. Ainsi, quand il fait part dans le bulletin de Gevrey-Chambertin de la vente de ce restaurant à Guy Rebsamen, il écrit : « L’actuel locataire a repris les lieux derrière son prédécesseur (sic), dans un état plus que médiocre (constaté par huissier). » Didier Chevalier a vendu à Guy Rebsamen le fonds de commerce 172 000 euros en 1999. Quand il a fait l’état des lieux, un huissier était bien présent. Mais ce dernier, selon Didier Chevalier, n’a fait aucune remarque, à part que la machine à laver était en panne… Le premier locataire a récupéré le bâtiment alors qu’il était encore en configuration de cinéma. Il tout aménagé pour le transformer en restaurant. La décoration était simple, mais propre. La Gazette a tenté à plusieurs reprises de joindre Jean-Claude Robert afin de connaître sa version de cette anecdote. Malheureusement, son répondeur n’a pas souhaité donner suite à nos demandes. Bref, il semblerait que le ridicule ne tue pas les hommes, mais peut-être la démocratie. Ces polémiques ne grandissent personne, à part le camp des abstentionnistes et de tous les adversaires de la République.
Jérémie Demay