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Au nom de la rose ...

Depuis décembre 2005, Gevrey-Chambertin appartient au réseau des sites clunisiens.


La fédération des sites clunisiens explique :

" Le site de Gevrey présente ainsi la particularité de ne pas abriter de patrimoine monastique, mais des bâtiments qui étaient administrés au même titre que les édifices religieux, par les moines de Cluny ".

 

Les bénédictins n'ont donc jamais logé au château.

Pourtant Jean Claude Robert, maire de Gevrey,  nous impose une sculpture monacale austère sur la place du château, sans aucune concertation avec les habitants du quartier, sans souci d'économies, sans concours d'artistes, en complet décalage avec le thème aquatique  envisagé au départ.  (présence de deux puits).

L'idée intéressante d'installer une fontaine a été abandonnée par le maire .

L'eau  aurait apporté  la vie, l'animation, aurait ravi les touristes et les nombreux cyclistes en promenade sur cette place mortifère.

 

Une statue d'un moine sans visage, environnée d'une plantation de 32 boules de buis, ne vous méprenez pas, vous n'êtes pas à l'entrée d'un cimetière, vous êtes place du château à Gevrey.

 

D'après le projet sur calques présenté en mairie, l'artiste Laéticia de Bazelaire, avait dessiné trois moines, deux debout, un assis pour une facture de 21 200 euros (conseil municipal du 06 février 2011).

 

Un seul moine est installé assis sur un banc, pourquoi un seul moine ? quel en est le prix ?

 

Pour arborer le site, le conseil municipal avait choisi sur recommandation du paysagiste, une variété de poirier ornemental ( pyrus calléryana ), variété très vite remplacée par des bouleaux. Un arbre inadapté, avide d'humidité et qui n'est pas naturellement et historiquement une essence de notre côte viticole.

 C'est l'incohérence municipale.

 

Un pleurant, taillé dans un bloc de pierre gélive extraite dans le Châtillonnais, pesant deux mille cinq cents kilos, qui aura le mérite de devenir le perchoir des nombreux pigeons copieusement nourris par les riveraines de la place.

 

Le rendu de ce travail est réussi, mais cette statue n'est pas à sa place. Elle ne correspond pas à la vérité historique et la teinte de la pierre ne s'harmonise pas avec les pierres vieillies du château .

 

DSCF8726-copie-1

 

Ce moine sans visage, courbé, inquiétant, porte toute la misère du monde sur ses épaules. Il penche la tête pour ne pas voir le gaspillage, l'inconstance de cette municipalité, pour ne pas être ébloui par les nouveaux pavés posés, trop blancs, trop onéreux, trop décalés pour l'époque du château.

 

Peut-être l'artiste ne savait-elle pas sculpter les visages ? Peut-être était elle très déprimée pour avoir réalisé ce moine lugubre, angoissant à vous donner le bourdon.


Imaginez l'atmosphère glauque de cette place en automne, avec le brouillard, la grisaille...

Brrr ! une ambiance à faire froid dans le dos, propice au cafard.


 A ma connaissance, à part les pleurants des tombeaux, je n'ai retrouvé que deux sculptures de moines sans visage en Europe :

Un moine en bronze, assis dans la cour du parc du château de Budapest, surnommé Anonymus, en hommage à un écrivain inconnu, très érudit du moyen âge.

A Louvain, un moine en bronze debout, représente le père franciscain Maximilien Kolbe, pour se souvenir de la shoah et du camp d'extermination d'Auschwitz.

 

Rien de tout cela n'invite à la joie et la bonne humeur.

 

Le vin occupe une place souveraine à Gevrey.

On aurait pu espérer une sculpture réjouissante et gaie, rendant hommage aux vignerons et à leur travail, un Saint Vincent,  une corne d'abondance remplie de raisins, une vigne...

Pourquoi pas une oeuvre d'inspiration médiévale, pourquoi pas un animal, puisque Mme de Bazelaire est spécialiste des bestiaires, un cheval et sa charrue, des étourneaux  ? ...

Ce ne sont pas les idées qui manquent, encore faut-il  vouloir sortir du sectarisme, s'ouvrir aux autres et dialoguer avec les habitants.

 

 

Cette place avec son château médiéval unique méritait du lustre, de l'éclat, de la grandeur.

 

Avec cette réalisation, à vouloir donner dans la prétention et la dépense, la municipalité nous renvoie son image, atone, molle et inexpressive . 

Une fois encore, elle  affiche son incompétence, elle n'a pas su faire de cette place un endroit simple, pittoresque, sympathique et vivant.

 

 

 

ruban bleu sos-reporters contre la censure

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