Voici le tableau de Claude Jobert de Chambertin (1701-1769), mis aux enchères sur internet et très vite acheté par la mairie de Gevrey pour la modique somme de 9062.50 euros, avec ( est-il encore besoin de le préciser ! ), le vote favorable du conseil municipal.
Les dépenses inconséquentes de cette municipalité auront au moins le mérite de nous faire connaître l'histoire de Claude Jobert, fermier de son état, venu à Gevrey en 1720 pour entretenir les vignobles des chanoines de Langres.
Grâce à des connivences judiciaires malhonnêtes, ce fermier voyou, peu scrupuleux vole les biens des chanoines ce qui lui vaut de nombreux procès.
Il achète un domaine de 20 ha sur Gevrey, Morey ,Chambolle et part vendre son vin dans les principautés allemandes.
Devenu riche, il se fait appeler Claude Jobert de Chambertin, particule interdite, (personne n'a le droit de s'approprier le nom d'un cru), il se fait faire un blason et achète la charge d'écuyer secrétaire du roy.
Le domaine est confisqué à la révolution française, il est morcelé et vendu aux enchères.
Somme toute, une histoire banale de délinquance d'un autre siècle, mais tellement d'actualité.
Ce petit tableau de l'école française (hauteur 81.5 cm - largeur 63 cm) qui date environ de 1830 n'est pas en bon état, le cadre est d'origine, l'expert précise que la toile présente un vernis épais et sale avec quelques usures, des petits accidents et des manques.
Le maire ne savait pas encore où il allait installer ce chef d'oeuvre, peu importe, le principal pour la municipalité étant de dépenser en futilités, l'argent du contribuable qu'elle n'a pas.
La banque à qui parler, le crédit mutuel, grand mécène, donnerait 7000 euros pour l'achat de ce tableau. Les clients de cette banque vont être contents d'apprendre comment sont utilisés les frais importants ponctionnés régulièrement sur leurs comptes.
Sieur Jean Claude Robert de Chambertin aurait pu acheter cette toile avec ses deniers personnels et l'offrir à la commune.
Remerciement pour ses 37 années de vie publique grassement rémunérées par les gibriaçois et les contribuables en indemnités cumulées de toutes sortes, ça aurait eu du panache.