Grâce au talent de persuasion du maire et l'aveuglement du conseil municipal, la commune est devenue propriétaire du bâtiment et du terrain de l'entreprise Elancia, pour la modique somme de 912 000 euros (avec les intérêts d'emprunt).
Bâtiment et terrain, soit dit en passant que Elancia venait d'acquérir l'an dernier pour l'euro symbolique.
Tous ces milliers d'euros pour renflouer la trésorerie d'une société en mal de rénovation et peut-être pour sauver quelques emplois.
Je dis peut-être, car rien n'est moins sûr. En effet, la société HPS (points chauds) qui devait apporter la pérennité de cette transaction se retrouve en procédure de sauvegarde au tribunal de commerce. Le tribunal de commerce ayant fixé la prochaine audience au 06 juillet, le temps de permettre aux actionnaires de se mettre d'accord.
La commune est donc l'heureuse propriétaire d'un bâtiment en très mauvais état. Un conseiller m'expliquait qu'il avait voté favorablement pour le renflouement et le rachat de ce complexe industriel, parce que, m'a-t-il dit, il avait eu l'assurance financière du conseiller de la banque de France.
Sauf que le conseiller en question n'a pas eu toutes les données en main et qu'on lui a caché la vétusté des locaux, on a tout simplement oublié de lui préciser que le bâtiment était à bout de souffle. Il s'est fait en quelque sorte rouler dans la farine !
Pour preuve, plusieurs investisseurs sont venus visiter cette entreprise avec un agent immobilier, ils ont refusé d'investir dans ce projet trop onéreux en réparations. La commune, elle, n'a pas hésité sans faire d'état des lieux avec l'ensemble du conseil. Incompétence ?
Désormais, deux cas de figure s'imposent à nous, habitants de Gevrey, qui l'un comme l'autre, ne sont pas réjouissants pour les contribuables que nous sommes :
-- Réfection de la toiture qui prend l'eau, coût estimé des réparations par les experts :
300 000 euros.
-- Réparation du tunnel de surgélation quasiment hors d'usage: mais pourquoi la
commune paierait-elle ce tunnel qui normalement fait partie du mobilier ?
Ce fameux tunnel aurait été inscrit dans l'immobilier lors de la vente, donc à la charge
du propriétaire. Cette entente astucieuse et coquine entre le maire et le PDG Morizot ce tour de passe - passe coûtera la bagatelle estimée de 150 000 euros pour la
réparation de ce bloc de surgélation.
-- Les bureaux algécos sont hors d'usage, de plus ils ont été installés sans permis de
construire ! Avez vous essayé de construire sans permis à Gevrey ?
La commune ne recule décidément devant aucun sacrifice.
Bientôt, dans un prochain conseil, le maire demandera à son conseil de voter pour les réparations de la toiture, pour le remplacement du tunnel de surgélation, pour la réfection des bureaux, il redemandera des subventions, renégociera un prêt, ce sera dira-t-il, pour sauver les emplois.
Et les conseillers naïfs continueront à voter toutes les demandes du général en chef à l'unanimité.
Et comme le maire ne peut pas être au four et au moulin, faute de financement, il remettra à plus tard la réfection de nos rues, de nos trottoirs, pendant ce temps là, nos personnes à mobilité réduite attendront pour pouvoir accéder à la mairie et il critiquera haut et fort comme d'habitude, le désengagement de l'Etat.
Un dirigeant d'une entreprise privée qui commettrait de telles erreurs serait révoqué séance tenante.
A quand des sanctions pour un maire qui met en danger les finances de sa commune ?
Ainsi va la commune de Gevrey : dans le mur.
Ce conseiller a bien raison d'affirmer : " c'est un mandat de trop."