Gevrey Chambertin, poubelle du grand Dijon ? Le projet était bien caché depuis quelques années dans les cartons, il a fallu l'ouverture de l'enquête d'utilité publique du PLU, pour apercevoir une zone hachurée sur le plan, appelée CET classe 3 (centre d'enfouissement technique).
Autrement dit, une décharge de produits inertes de 18 ha est prévue en face du lac de Sathenay, sur un terrain privé.
Décharge soumise à autorisation du maire (code de l'urbanisme), gérée par la municipalité, qui ne rapporte rien à la commune,si ce n'est des nuisances sérieuses pour les habitants.
Décharge réclamée par une dizaine de grandes entreprises de travaux publics: Pennequin, Eurovia, Roger Martin etc.
Cette décharge, concoctée en douce avec la bénédiction du syndicat du SCOT dijonnais, syndicat d'élus auto proclamés, présidé par F. Rebsamen et dont Jean Claude Robert est 2ème vice président.
Une affaire de famille.
Syndicat, qui soit dit en passant se gausse d'écologie, d' eau pure, d'air vif ,de déplacements en vélo, s'enorgueillit de morale à cent sous et qui a classé arbitrairement Gevrey en pôle intermédiaire (avec Genlis et Is sur Tille), c'est à dire pouvant accueillir bâtiments logistiques, décharges, logements sociaux, passages de camions intensifs, pollutions diverses et variées sous l'oeil goguenard des élus de la région, bien contents de voir les nuisances atterrir chez le voisin.
Comme dirait mon ami Constantin qui se reconnaîtra, des écolos à gros nez rouge, les bons apôtres du développement durable.
JC Robert n'a pas claironné ce projet de décharge pendant la campagne des municipales, c'était risquer de ne pas être élu, n' est ce pas là de la malhonnêteté intellectuelle envers ses concitoyens ?
Qu'est ce qu'une décharge de matériaux inertes classe 3 (CET classe 3) ?
C'est un stockage de matériaux de construction non souillés qui ne subissent aucune modification physique, chimique et biologique importante et dont le caractère polluant est normalement très faible (définition de la directive européenne de 1999 ).
Sont autorisés : le béton, les briques, les tuiles, la pierre, le verre, la céramique, les carrelages, les enrobés bitumineux sans goudron, les terres et granulats non pollués,
peuvent être admis aussi : les déchets amiante-ciment., le plâtre bien que ne répondant pas à la définition de déchets inertes (guide du ministère de l'environnement 2001).
Ces déchets proviennent essentiellement des chantiers du bâtiment , des démolitions et des travaux publics.
Ceci est la législation, la théorie.
La pratique est moins transparente et présente de nombreux risques environnementaux et sanitaires qui ont du échapper à nos écolos roses du SCOT.
Certaines entreprises de travaux publics trient les déchets de démolition sérieusement, mais comme me l'ont confirmé de nombreux chauffeurs de camions, des déchets interdits entrent inévitablement sur une telle décharge tels que les peintures, le bois, le goudron, les enrobés, les câbles, les plastiques, les colles, les huiles, les tuyauteries ...
Le guide relatif aux stockages de déchets inertes du ministère de l'environnement (2001) précise : "
aucune précaution particulière en matière d'étanchéité n'est préconisée.....il convient de ne jamais sous estimer le bruit, les envols de poussières, le trafic routier, l'aspect visuel et olfactif, de plus les déchets inertes sont couramment associés à des quantités de bois, plastiques, moquettes etc ....
pour limiter les émissions de poussières, les pistes et la décharge doivent être régulièrement arrosées durant les heures d'activité, les abords de la zone devront être débroussaillés pour éviter la diffusion d'un incendie, des moyens efficaces devront être prévus pour lutter contre les incendies..." Quels sont les dangers ?
Sur l'environnement - Danger hydrologique avec risques importants de pollution de la nappe phréatique affleurante à cet endroit (par les eaux de ruissellement, par les jus de décharge appelé lixiviat, par la déchirure des bâches de protection, par fissuration de la couche protectrice d'argile qui n'assurera plus l'étanchéité du sol, par les risques mécaniques des engins).
Risque de
compression du sol qui conduit à une déstabilisation des eaux souterraines.
- Déforestation sur les 18 ha du chantier, mais également sur l'élargissement des routes d'accès au chantier.
- Altération de la forêt avoisinante par le trafic des camions, par les métaux lourds( plomb), par les poussières, le chantier doit être constamment arrosé, d'où une consommation d'eau importante, ce qui est pour le moins illogique avec les économies d'eau qu'on nous réclame sans arrêt.
- Pollution par un flux supplémentaire de plus de 120 camions par jour, soit un poids lourd toutes les 3 minutes (aller et retour) pendant 10 à 15 ans.
Exemple : la décharge de produits inertes de Dijon nord a reçu 332 050 tonnes de gravats en 2007 (info du site de la communauté dijonnaise) soit un passage aller retour par an de 33 200 camions d'environ 20 tonnes, sans compter les camions transport d'argile et autres.
- Dégradation importante des chaussées, boues et poussières sur les routes.
Sur la santé Il existe dans un rayon de 5 à 10 km, un risque aggravé de cancers, d'allergies, de maladies respiratoires du à la pollution de la circulation des camions, aux poussières importantes et à l'envol de fibres amiantées pendant les transports et les déchargements (déchets de flocage ou tout matériau s'effritant ).
Sur la sécurité Risque d' incendies sur le chantier du aux émanations de gaz.
Augmentation important du trafic route des étangs, rue de la petite issue, Saulon la rue avec risques d'accidents.
Le maire impose de nouvelles nuisances aux riverains sans avoir prévu aucune déviation.
Va se poser le problème de la résistance du pont de chemin de fer, rue de la petite issue qui n'a pas été construit pour supporter autant de trafic poids lourds (construit dans les années 60 avec un béton de faible densité).
Sur le patrimoine Outre la destruction du patrimoine forestier, la décharge est prévue à proximité du passage de la voie romaine
d' Agrippa, site archéologique, réseau routier datant de - 20 av. JC que l'on retrouve au parc de la colombière à Dijon.
Sur l'emploi Cette décharge nécessite très peu d'employés, il s'agira d'emplois déplacés pour ne pas mettre en chômage le personnel d'une autre décharge.
Voilà en quelques lignes, ce que nous réserve le maire de Gevrey à l'insu de son conseil municipal et à notre insu.
Les conseillers présents à la réunion cantonale du SCOT, Messieurs Moyne, Dury, Marchand ,entre autres, reconnaissaient ne pas être informés de ce projet très avancé et de ses conséquences.
Le citoyen n'est pas considéré à Gevrey comme un partenaire indispensable.
Ce dossier n'a jamais été évoqué en conseil depuis les élections, et pour cause !
A l'heure où nous sommes abreuvés, voire saturés d'écologie et de développement durable, M. Lucand et sa commission écologie fantoche au conseil reste étrangement muet.
Les habitants attendent des explications, c'est la moindre des choses.
Ah! il fallait bien l'achat ridicule d'un véhicule électrique par la municipalité, histoire d' être à la mode et de paraître écolo, pour compenser les nuisances supplémentaires de cette décharge.
L'art et la manière de nous prendre pour des imbéciles.
La démocratie participative gibriaçoise aux insuffisances notoires, en excluant le citoyen, devient un terrain de culture propice à l'allégeance, à l'autoritarisme, à la mégalomanie. La défense de l'environnement est d'intérêt général et non d'intérêt privé.
Au sujet de cette décharge, le maire seul, ne peut s'approprier le monopole de l'intérêt général, l'importance de ce sujet mérite un large débat public il est indispensable de mettre en place un référendum local pour connaître l'avis de la population sur un projet qui porte atteinte à notre environnement.
Comme dit JC Robert en réunion du SCOT : " une décharge, ce n'est pas catastrophique !... "
Evidemment ça aide les copains dijonnais qui ne savent pas où flanquer cette verrue, ça ne gène pas JC Robert pour les prochaines élections puisqu'il dit ne pas se représenter.
L'écologie à Gevrey ? C'est quoi ? Il ne connaît pas .
Au fait, qu'en pense le conseiller général de notre canton ?
Une raison de plus pour trouver la taxe carbone très indigeste.
" On n'hérite pas de la terre de ses ancêtres, on l'emprunte à ses héritiers" Antoine de Saint Exupéry.