Gevrey est un village surprenant et étonnant à bien des égards. Déjà, je l'écrivais dans "pures coïncidences", le fait pour les candidats malheureux aux élections locales de subir un contrôle fiscal ou de douane systématique est une spécificité bien gibriaçoise, façon d'une rare élégance de faire comprendre aux intéressés qu'il ne faut pas jouer avec la démocratie et de la mettre en veilleuse.
Une autre particularité de Gevrey est ce besoin d'envahir l'espace public de dessins, de tags, de graffitis, peintures et autres enjolivures d'un goût douteux.
C'est vrai pour les bâtiments communaux, le centre social, le local jeunes, les bennes à ordures, les transformateurs EDF, le véhicule du centre social, la gare, l'autocommutateur France Télécom ....
Ce bâtiment était couvert de tags et la municipalité a demandé à France Télécom de le nettoyer. Chose faite et la bâtisse est enfin redevenue propre. Pas pour longtemps puisque la municipalité a passé un contrat de 11000 euros avec une association d'insertion pour dessiner une "fresque".
On pouvait penser que le projet était réfléchi et étudié et qu'une peinture ou un trompe l'oeil allait embellir et protéger notre patrimoine environnemental.
1er essai 2ème essai Eh bien non ! à proximité de monuments classés, d'un site remarquable, notre regard se pose désormais à chacun de nos passages sur un décor que je trouve laid et dont les couleurs risquent de mal vieillir. Le travail n'est pas encore terminé, mais on peut s'attendre au pire, pourquoi pas, pour être original des grappes de raisins... rouges de préférence.
Il eut été préférable de faire oublier ce bâtiment affreux (qui n'aurait jamais dû être construit là ) et de mettre en valeur les vignes, le château, l'église.
Comme un malheur n'arrive jamais seul et comme si cela ne suffisait pas dans la défiguration du site, la municipalité, inégalable dans son bon goût, va installer à proximité des bennes de tri sélectif .
D'où vient cette manie irrésistible de vouloir tout barioler, tout colorier, d'enlaidir l'environnement ?
Un effet de mode, encouragé à l'époque par Jack Lang qui voyait dans les tags, un art.
Une façon d'enjoliver sa vie ?
L'horreur du vide et le besoin de vouloir le combler par l'invasion de l'espace public ?
Une frustration de dessins et de coloriages dans la petite enfance ?
Il faut savoir que les entreprises d'insertion emploient des personnes en difficulté et bénéficient de
subventions de l' Etat, des collectivités locales, d'exonération de charges de toutes sortes. Des subventions publiques largement exploitées.
A Gevrey, on est riche, on ne compte pas, c'est "l'art " de dépenser l'argent du contribuable. Nous payons largement ce "travail" par les subventions données aux entreprises et associations d'insertion et par 11000 euros (si tout va bien) financés par la commune, c'est à dire par nous. Autrement dit, nous payons deux fois avec nos impôts.
Au moment où la vie devient de plus en plus difficile financièrement pour beaucoup d'entre nous, il est indécent de la part d'une municipalité de dépenser les deniers publics pour de "l'art" qui ressemble à du travail de cochon.